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Corinne Chatel

Pour l'heure, je suis ravie de pouvoir partager mon enthousiasme et ma passion pour la musique, les sons, les rythmes et les langues avec un public d'une part et les musiciens qui m'entourent d'autre part. Puissent ces mouvements traverser le monde fragile qui nous entoure : j'y perçois de la joie de vivre, de la douleur comme de l'espoir.

Dans la maison où j'ai grandi, avec un père français et une mère allemande la musique était mon pain quotidien. Les cours de dessin et de danse classique ont accompagné mon éducation musicale : j'ai pratiqué le piano et le violon. Vers 17 ans j'ai commencé à prendre des cours de chant. Je suis tout particulièrement reconnaissante d'avoir pu répondre à un désir précoce d'être chanteuse. A trois ans déjà, je devais en avoir exprimé le vœu. Après le baccalauréat, mes débuts en tant que soliste se sont fait dans l'Oratorio de Noël et dans le cadre des jeunesses musicales ou j'ai eu plusieurs distinctions. Ensuite eurent les premiers émois auprès du Musiktheater et de l'opéra, et de prestation en tant que soliste dans des comédies musicales. A cela a succédé finalement ma décision d'étudier le Jazz à Munich. Où j'ai, en l'occurrence été initiée au Bepop par Sheila Jordan. Par ailleurs, une collègue de Bobby Mc Ferrin, Rhiannon, m'a fait découvrir les Circlesongs que j'ai intégré dans les ateliers vocaux que je dirige depuis quelques années.

A travers l'improvisation j'ai découvert et découvre toujours la liberté artistique de m'exprimer à ma façon qui me permet de me positionner.

Inspirée par les sons qui m'entourent, j'ai été encouragée à faire des expériences vocales qui infiltrent aisément mes improvisations. Dans le même temps je me suis aperçue qu'il y avait dans le Jazz une ligne, un flux directeur. La peinture sonore, mon amour pour la chanson française et le chant lyrique comme pour la musique du monde, conjugués à mes capacités à m'exprimer en plusieurs langues, comme mon intérêt croissant pour les techniques de chant ethnique, ont quelque peu fait éclater le cadre du Jazz classique. J'aime la pulsation, le phrasé et la sensualité du Jazz, je n'aimerai pas cependant m'orienter dans un genre musical seulement. Les possibilités vocales qui me sont offertes dans la tessiture de trois octaves, je les vis, pour le public et avec mes musiciens, parce que justement, de cette manière, un nouveau monde sonore émerge.

Mes itinéraires  

Avec les musiciens de mon Quintette, que j'avais heureusement connus pendant le temps des études, s'offrit à moi la possibilité de s'exercer au « crossover » qui relie les genres pour les dépasser. Dans le travail des pièces choisies, ma recherche va au cœur du style, aux origines, à l'authenticité. C'est elle que je mets en avant en même temps que je me l'approprie pour la transformer et l'enrichir à travers les improvisations qui recouvrent alors plusieurs orientations. Dans ce processus, il m'apparaît que la musique et la poésie des différents styles s'enrichissent mutuellement.  

Communication, de prise de conscience, d'émotion, de compréhension mutuelle, d'une réelle tolérance, ainsi que du rapprochement entre les cultures, voilà ce que la musique représente pour moi.

Je découvrais que chaque langue avait son propre timbre. Je me mis à improviser des histoires en peinture sonore. Des histoires qui se situent en dehors d'un champ lexical présupposé, afin qu'elles soient comprises émotionnellement par n'importe quel auditeur, quelle que soit ses origines et son imprégnation culturelle.

Se détacher des normes, «danser au-delà du cadre» exige force, courage et confiance.

Les échos très positifs de la presse, de collègues et avant tout l'émotion du public, me renforcent et m'incitent à persévérer dans la voie que j'ai choisie. 

De nouveaux défis se présentent à moi 

Deux nouvelles productions de disque, la mise en musique des poêmes de Anne Sexton pour "Art et follie", l'histoire de Thélonius Monk en version bilingue et le rôle d'Anna dans Les sept péchés capitaux de Kurt Weill qui seront donnés aux Dominicains de Haute Alsace en Mai 2008.

J'aimerai exprimer toute ma gratitude à tous ceux qui m'accompagnent et me soutiennent dans ce voyage passionnant. Tout particulièrement j'aimerai mettre en avant les musiciens de mon Quintette : Stefan Sigg, Jürgen Richter, Davide Roberts et Thomas Elwenspoek. Mon premier protecteur, le compositeur et chef de Bigband, Klaus Roggors qui m'a donné l'occasion de m'éprouver. Delcina Stevenson, ma professeur de Jazz ; Michèle Claveau des éditions GLM, qui a édité le CD «Ma Vie en Rose»  ; Marcus A. Woelfle et Ado Schlier de la chaîne de radio culturelle BR2, Marc Schaefer pour «Jazz meets Classics», l'équipe des Dominicains de Haute Alsace : en particulier Sophie Marest et Philippe Dolfus, qui m'ont invitée pendant trois ans comme artiste en résidence, chez eux. Ils m'ont aussi aidé à construire ce site ; Caroline Sonntag pour la conception graphique, Chantal Reiss pour la mise en page, Claire-Lise Weick et Gisela Grosse qui ont été à mes côtés pour le texte et le son ; les rédacteurs et photographes pour leur contribution; je remercie ma famille et mes amis tout comme mes élèves – les producteurs, qui, ensemble, avec mes musiciens me portent sur scène et bien entendu : mon public.

Corinne Chatel | Vocaliste | Mezzo-Soprano

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